Trouble du spectre de l’autisme: Quelques généralités.

puzzle brainAllo!

Comme promis, voici la première partie de la série d’articles sur le TSA, ou, si vous préférez, sur l’autisme.

Premièrement, question de s’entendre sur le vocabulaire, quelques petites définitions s’imposent. Donc, eh oui! un peu de «théorie»!

Aussi, mon grand maître est très pointilleux. Depuis une dizaine d’années, les connaissances en autisme «explosent» littéralement. Donc, on peut lire toutes sortes de choses, des plus sérieuses aux plus farfelues.

Cet article ne se veut pas un article scientifique, mais sachez que mon grand maître, de par sa profession, doit toujours se reposer sur des données probantes avant de faire quelque affirmation que ce soit. Toutefois, afin de ne pas alourdir le texte, je ne mettrai pas toutes ses sources.

Mais, si vous désirez une bonne base de documentation, je vous invite à visiter (et à aimer!) la page Facebook de la Société de l’autisme de l’Abitibi-Témiscamingue où l’équipe travaillant avec mon grand maître tâche de partager les données scientifiques les plus à jour sur le sujet. Voici le lien: https://www.facebook.com/pages/Société-de-lautisme-de-lAbitibi-Témiscamingue/129405422033

Les critères diagnostiques sont définis dans la «bible» nord-américaine des maladies mentales, le DSM, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. (Bien que, comme vous le comprendrez en lisant cet article, le TSA relève d’avantage de la neurologie que de la psychiatrie, donc ne devrait pas être considéré comme étant une maladie mentale). En Europe et ailleurs dans le monde, la référence est le CIM-10.

Jusqu’en 2013, dans le DSM IV-TR, «l’autisme» appartenait aux Troubles envahissants du développement (TED) et se déclinaient en 5 catégories : Le syndrome de Rett, les troubles désintégratifs de l’enfance, les troubles autistiques, le syndrome d’Asperger et le trouble envahissant du développement non-spécifié (TED-NS).

D’ailleurs, mon petit-maître a reçu, vers l’âge de 2 ans et demi, le diagnostic de TED-NS.

Déjà, pas facile de s’y retrouver avec autant de sous-catégories!

C’est pourquoi le commun des mortels utilise le terme générique «d’autisme» afin de qualifier les personnes comme mon futur petit maître.

En 2013, afin de simplifier cette nomenclature complexe et aussi pour refléter les avancées en matière de connaissances de ce trouble, l’American psychological association, dans sa nouvelle édition, le DSM-5, a procédé à une refonte complète de la classification des troubles autistiques.

Désormais, nous parlons simplement du Trouble du spectre de l’autisme, soit léger, modéré ou sévère, selon le degré d’atteinte lié aux capacités d’autonomie fonctionnelle de la personne.

Donc, à partir de maintenant, j’utiliserai simplement et indifféremment le terme «autisme» ou «TSA».

En gros, qu’est-ce que c’est?

Le TSA, tel que défini par le DSM-5, est caractérisé par deux catégories de comportements atypiques. La première catégorie concerne la communication sociale et les interactions sociales, alors que la seconde touche les aspects restreints et répétitifs des comportements, intérêts et activités.

Nous verrons dans les articles suivants comment ces comportements se manifestent, mais il y a une chose très importante à comprendre dès le départ: bien qu’il existe un espèce de tronc commun, les manifestations cliniques sont très variables d’une personne à l’autre.

C’est pourquoi l’on parle du « spectre » de l’autisme, ce qui sous entend un très large éventail, allant dans toutes les «teintes». Placez 100 personnes atteintes du TSA dans une grande pièce et vous verrez 100 personnes très différentes, chacune réagissant de manière particulière à différentes situations et répondant de manière variable à différentes approches.

Vous avez des personnes autistes qui sont des chercheurs, des médecins, des ingénieurs, en couple, ayant des enfants etc. jusqu’aux personnes n’ayant aucune autonomie et nécessitant une surveillance constante.

C’est un peu pourquoi mon grand-maître déteste se faire répondre, lorsqu’il dit à quelqu’un que son fils, mon petit maître, est autiste: «Ah oui, comme Rain man?» OUI il existe des personnes autistes semblables à Rain man. Mais NON elles ne sont pas tous comme lui!

De la même façon, certaines personnes répondent bien à des approches comme l’art thérapie, alors que pour d’autres ce sera l’approche TEEACH, ou l’approche ABA, ou qui auront d’avantage besoin de traitements en ergothérapie, orthophonie, etc.

Je rappelle ce que mon grand maître répète souvent : «Les meilleurs spécialistes sont et seront toujours les parents de l’enfant». Il s’agit que ceux-ci soient ouverts, connaissants des différentes approches éprouvées (attention aux charlatans et pseudosciences!) afin de les utiliser, en collaboration avec les différents intervenants et professionnels, selon ce qui fonctionne le mieux pour leur enfant.

Combien de personnes sont atteintes d’un TSA?

Une personne sur 100 (même que les dernières études parlent d’une personne sur 68!) présente un TSA. Or, depuis 5 ans, la moyenne du nombre de naissance au Québec est de 88 649 enfants (Source: Institut de la statistique du Québec). Donc, si l’on applique le taux de prévalence le plus conservateur, soit 1%, cela représente qu’environ 890 personnes ayant un TSA naissent au Québec chaque année.

Aussi, bien que l’on ne sache pas encore pourquoi, les garçons sont plus touchés que les filles.  On parle d’un ratio de 4 garçons pour 1 fille.

Quelle est la cause?

L’autisme est d’origine génétique et se manifeste déjà chez le fœtus lors du deuxième trimestre de grossesse lors du développement du cerveau. De plus, l’hypothèse que certains facteurs environnementaux, pas encore identifiés, puissent entrainer l’expression des gènes en cause n’est pas écartée.

Et les vaccins dans tout ça?

Malgré les rumeurs circulant notamment sur internet, les vaccins n’ont rien à voir avec l’autisme. Une seule étude britannique avait établit un lien entre la vaccination RRO et l’autisme, mais l’un des auteurs de cette recherche a admis avoir manipulé les résultats… De plus, la preuve ayant été faite que l’autisme se manifeste lors de la grossesse démontre que la vaccination ne peut pas être impliquée dans le développement de l’autisme.

Quelle est la différence sur le plan physiologique?

La différence réside dans le cerveau. Évidemment, le cerveau est un organe complexe, que l’on commence à peine à comprendre. Or, selon l’état actuel des connaissances, dans le cas des personnes atteinte d’un TSA, on peut parler d’un cerveau «différent». Pas d’un cerveau «malade» mais, d’un point de vue neurologique, d’un cerveau «bâti», «organisé» d’une manière différente des cerveaux des personnes neurotypiques, soit les personnes «normales».

En effet, sans trop entrer dans les détails, ce que les techniques d’imagerie médicale ont permis récemment de découvrir, c’est que certaines zones et structures du «cerveau autistique» sont moins développées alors que d’autres le sont plus que chez les «cerveaux neurotypiques». La masse (le poids) et la taille d’un «cerveau autistique» est supérieure en moyenne de 17.6% à un «cerveau neurotypique» chez les enfants de même âge et de même sexe. Les connections entre les neurones, au niveau des synapses, est aussi différente, ce qui affecte la circulation et les échanges des différents neurotransmetteurs, donc la «chimie» du cerveau.

Est-ce une déficience intellectuelle?

Le TSA n’est pas systématiquement associé à une déficience intellectuelle. En fait, il n’existe pas de test de QI fiable pour les personnes autistes mais le consensus qui émerge parmi les chercheurs est que le taux de prévalence de déficience intellectuelle chez les personnes autistes est le même que celui de la population en général.

Quel est le traitement?

À ce jour, aucun traitement ne guérit l’autisme, bien que certaines médications puissent être utiles afin de diminuer l’anxiété et certaines manifestations.  D’ailleurs, mon grand maître doute qu’un médicament pourrait éventuellement guérir l’autisme…  Peut-être permettre de prévenir ou d’améliorer l’état de ces personnes, mais pas de rendre réversible l’organisation d’un cerveau autistique.

Mais qui sait: la science progresse souvent rapidement et l’avenir pourrait nous réserver des surprises!

Aussi, différentes approches peuvent être utilisées (TEEACH, ABA, etc.) mais, comme je vous l’expliquait précédemment, aucune à elle seule règle tout. Il s’agit d’utiliser, selon la personne et les circonstances, les différents outils les mieux adaptés.

Toutefois, ce qui a été démontré, c’est que plus les interventions sont précoces et appliquées de manière constante (ce qui nécessite une très bonne collaboration interprofessionnelle et avec la famille en plus de solides connaissance de tous les intervenants), meilleures sont les chances que les enfants, en grandissant, développent leur potentiel vers une plus grande autonomie à l’âge adulte.

Et cette course contre la montre, celle de l’acquisition de la plus grande autonomie possible à l’âge adulte de mon petit maître, est la plus grande préoccupation de mon grand maître et de ma grande maîtresse.

Alors voilà la partie très théorique! Je pense qu’avec ça, ç’a va me donner une petite longueur d’avance lorsque j’irai avec mon grand maître dans ses cours au cégep et aux cours et conférences qu’il suit lui-même à l’université et ailleurs!

Uhura

Une réflexion sur “Trouble du spectre de l’autisme: Quelques généralités.

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