L’autisme d’Alexandre: Le langage (partie 4)

Le langage (suite…)

Toutefois, mAbstract speaker silhouette with lettersalgré cette avancée formidable, il y avait (et a toujours) des écueils. Nommer un objet, ce qui est concret, c’est facile. Mais exprimer un besoin, et encore pire une émotion ou une sensation, ça ç’a demeure un défi.

C’est pourquoi qu’Alexandre utilise de courtes phrases exprimant surtout des besoins, plus précisément afin de faire des demandes. Par exemple, Alexandre ne dira pas «j’ai soif.» À la place, il dira «Je veux de l’eau s’il-vous-plaît.»

Si on se place 2 minutes dans la tête d’un autiste, c’est beaucoup plus logique de procéder ainsi…

En effet, dire «J’ai soif» n’exprime pas, au sens strict, un besoin. Cela exprime plutôt un état, une sensation, rien de plus.

Pour un neurotypique, notre cerveau est capable de faire une extrapolation de manière toute naturelle, automatique. Si, par exemple mon grand maitre (qui est neurotypique, en passant!) dit «J’ai soif» à une autre personne neurotypique, le message implicite est «J’ai besoin de boire.»

En disant cela, naturellement la personne neurotypique s’attend à ce que son interlocuteur comprenne qu’il a besoin de boire quelque chose et que, par convention sociale, ce dernier lui offre quelque chose à boire. Donc, entre neurotipyques, ce qui est sous entendu par «j’ai soif» est suffisant afin que le bon message soit transmis et suscite, chez l’interlocuteur, la bonne réponse, soit dans cet exemple d’offrir à boire afin de répondre au besoin.

Tout cela n’est que du verbiage inutile pour Alexandre. De manière innée, il ne possède aucun concept de conventions sociales, son cerveau ne possède pas cette capacité à «lire entre les lignes.», à saisir les intentions sous-entendues. Alors, dans son cas, pourquoi dirait-il «J’ai soif ?» Il ne sait pas que l’interlocuteur, lui, a cette capacité de décodage puisque lui-même n’en a pas la notion.

C’est un peu comme demander à un aveugle de naissance d’expliquer ce qu’est la couleur bleu…

À l’inverse, si mon grand maître demande à Alexandre: «As-tu soif?», cela n’aura pas grand sens pour lui. De son point de vue, qu’est-ce que ç’a peut bien faire qu’il ait soif ou non?

Alors, il va droit au but: «Je veux de l’eau, s’il-vous-plaît.» C’est clair, net, ne donne aucune marge d’interprétation possible quant à l’intention du message. De plus, cet exemple illustre une autre chose : le « s’il-vous-plaît » est une convention sociale. C’est, pour Alexandre, une formule acquise et non innée.

Il en est donc ainsi de toutes les autres conventions sociales : dire ou faire telle chose dans telle circonstance et ne pas dire ou faire telle autre chose dans une autre circonstance est pour lui de l’acquis, le fruit d’un apprentissage. Il doit donc acquérir, apprendre tous ces codes que les personnes neurotypiques acquiers quasi-instinctivement par l’imitation.

D’ailleurs, c’est le principe sur laquelle repose l’approche ABA (Applied Behavior Analysis.) Mais ça, c’et du charabia de spécialistes (et le sujet de débats passionnés chez les « experts »!)

À suivre !

Uhura

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s