L’autisme: Caractère restreint et répétitif des comportement, intérêts et activités

HPIM2138Comme nous l’avons vu dans l’article intitulé « Troubles du spectre de l’autisme : quelques généralités » (que vous pouvez lire ici: https://unamipouralexandre.wordpress.com/2015/04/24/trouble-du-spectre-de-lautisme-quelques-generalites/ ), après le volet communication et interaction sociales que j’ai abondamment développé, nous retrouvons dans le TSA le caractère restreint et répétitif des comportements, intérêts et activités.

Pour commencer, j’irai d’un premier article traitant de généralités concernant ce volet pour poursuivre, comme je l’ai fait pour la communication et les interactions sociales, en vous expliquant comment cela se manifeste chez mon petit maitre et comment, comme chienne d’assistance, je pourrai l’aider.

On observe souvent la présence de mouvements stéréotypés et répétitifs, qu’il s’agisse d’agitation ou de torsion des doigts ou des mains (flapping), de balancements du corps (rocking), sautillements sur place, etc.

L’utilisation des objets peut aussi être stéréotypée et répétitive. Par exemple, aligner les objets, faire tourner les roues des petites voitures (au lieu de faire rouler les petites voitures), faire tourner des objets, ouvrir ou fermer les portes à répétition.

Comme nous l’avons vu dans un article précédent, la plupart des personnes avec un TSA peuvent adopter des rituels mentaux, répéter des espèces de « mantras », soit en répétant des séries de mots, en comptants, en nommant des objets, en désignant des couleurs, etc.

Ces comportements sont des mécanismes d’autorégulation afin de diminuer l’anxiété.

Ainsi, plus l’anxiété est importante, plus ces comportements se manifestent et s’intensifient.

Si ces comportements ne parviennent pas à soulager l’anxiété, celle-ci peut escalader au point du «meltdown», c’est-à-dire une crise où la personne se mettra à pleurer, crier, et même frapper et s’automutiler, notamment en se frappant la tête avec les mains ou sur les murs et le plancher…

Ces crises peuvent être intenses et impressionnantes. De plus en plus de recherches tendent à démontrer que ces «meltdowns» sont en fait des crises épileptiformes (observables à l’électroencéphalogramme).

Très important à retenir: il ne s’agit pas de crises de colère! Il s’agit plutôt d’une perte de contrôle, due à une surcharge sensorielle!

Donc, cela n’a rien à voir avec un trouble du comportement!

Ainsi, ce qui est de plus en plus prôné est d’intervenir comme pour le cas d’une crise d’épilepsie : retrait dans le calme, s’assurer que la personne ne se blesse pas et attendre que la crise passe d’elle-même, ce qui peut durer entre 10 et 30 minutes en moyenne.

D’où l’importance de reconnaître rapidement les «signaux d’alarme» afin de «casser la spirale» le plus tôt possible, en recentrant la personne grâce à des moyens efficaces et adéquats (par exemple, en chantant, en écoutant de la musique, en caressant un animal…)

Une caractéristique fréquente de l’autisme est la rigidité comportementale: le besoin que les choses soient immuables, l’adhésion inflexible à des routines ou à des séquences de comportements, une détresse lors des changements d’horaire ou de routine, etc.

Encore une fois, cette rigidité comportementale répond à leur besoin de sécurité. L’imprévue génère de l’anxiété et, comme nous l’avons vu précédemment, l’anxiété peut conduire à son paroxysme au «meltdown».

Les intérêts sont aussi souvent restreints et atypiques, soit par leur focus ou leur intensité.

Il peut s’agir par exemple d’un intérêt intense pour les lumières, les ventilateurs ou autres objets tournants, les calculatrices ou les tuyaux de plomberie. Cela peut aussi se manifester par un attachement excessif pour un objet, comme un tournevis jouet, un bouton ou un sac particulier dont la personne refuse de se séparer.

Il s’agit parfois aussi d’un intérêt habituel en fonction de l’âge de la personne, mais d’une intensité trop importante. Par exemple, certains jeunes peuvent passer plusieurs heures par jour à récolter des informations sur les dinosaures, à chercher des insectes ou à lire sur la vie des vedettes de l’heure, et qu’il s’avère extrêmement difficile de les intéresser à autre chose.

La présence d’atypies sensorielles est fréquente dans l’autisme. Il peut s’agir d’une hyper réactivité à certains sons, textures, odeurs ou stimuli visuels, comme la sonnerie du micro-onde, des pleurs d’enfants, une texture de vêtements, une couleur en particulier, etc.

On observe parfois plutôt une hyporéactivité, à la douleur, à la température ou à des bruits forts par exemple. Les particularités sensorielles peuvent se manifester par l’évitement, mais aussi par la recherche de certains stimuli.

D’ailleurs, le fait de porter une charge de poids a pour effet de diminuer l’anxiété des personnes autistes, d’où l’utilisation de vestes ou couvertures lourdes (voyez le film Temple Grandin, lorsqu’elle invente sa «machine à calins».) C’est ce qu’on appelle le « grounding ».

Finalement, plusieurs personnes autistes n’ont pas conscience du danger. Si un stimulus les attire (ou au contraire les indisposent) ils peuvent se précipiter, par exemple en se jetant dans la rue ou dans une rivière… Hélas, les histoires de noyades et d’enfants frappés par des voitures sont fréquentes…

Finalement, ils sont prédisposés à fuguer.

Comme je l’ai fait pour la communication et les interactions chez la personne avec un TSA, la prochaine série d’articles vous expliquera quels sont les comportements, ses intérêts et activités d’Alexandre.

Uhura

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