L’autisme d’Alexandre: comportements, intérêts et activités – La crise ou le « meltdown » (partie 4 et conclusion)

keep-calm-its-an-autistic-meltdown-not-bad-behaviorLa crise ou « meltdown ».

Comme je l’ai expliqué plus tôt, la crise survient lorsque tous les moyens d’autorégulations, les « fusibles » n’ont pas réussis à diminuer l’anxiété d’Alexandre.

Je rappelle rapidement quelles sont les trois choses susceptibles de déclencher une crise:

1- Une surcharge sensorielle;

2- Un stress ou une anxiété prolongée (par exemple, un journée difficile à l’école, une transition d’un endroit à l’autre, une accumulation de fatigue, etc.);

3- L’incapacité de communiquer efficacement ses émotions, ses besoins (frustration).

Il s’agit d’une perte de contrôle et, dans ces moments, Alexandre n’est même plus conscient de ses gestes. C’est une réponse de « combat ou de fuite ».

C’est comme un éternuement: vous êtes allergique au pollen, et soudainement vous vous mettez à éternuer, encore et encore…

Si une personne vous ordonnait de « reprendre sur vous » et d’arrêter d’éternuer, est-ce que ce serait réaliste? Non, c’est un réflexe. Vous n’avez plus le contrôle.

Donc, une crise n’a absolument rien à voir avec un trouble du comportement. C’est incontrôlable.

Voici une vidéo d’Alexandre lors d’une crise. Afin de la mettre en contexte, Alexandre ne parlait pas encore (cause 3), la télévision est subitement tombée en panne (cause 1: une interruption subite d’un bruit est un stimulus agressant) et cet été là, il était presque CONTINUELLEMENT en crise (au minimum une crise par jour, donc cause 2). Or, les crises son exténuantes pour la personne.

Écoutez le vidéo au complet: vous risquez de trouver cela difficile à supporter. Mais, pourtant, c’est dix, vingt, cent fois pire pour lui…

Et une anecdote en passant: lorsque mon grand maitre a mis ce vidéo en ligne, Alexandre est allé l’écouter de lui-même sur You Tube et ce, à plusieurs reprises.

Il était très triste en le regardant, comme s’il cherchait à comprendre… Mon grand maître a pris le temps de lui expliquer, de lui dire que ce n’était pas sa faute, qu’il l’aimait et qu’il n’avait pas honte de lui. Il lui a montré avec des pictos l’importance d’aller se reposer lorsqu’il n’allait pas bien…

Difficile, n’est-ce pas?

D’ailleurs, c’est très semblable à une attaque de panique et, par conséquent, les interventions sont très semblables (à part le « coaching respiratoire »).

Donc, la meilleure des stratégies est LA PRÉVENTION. Il faut reconnaître les signes avant-coureurs (par exemple le nez qui commence à picotter dans mon exemple de l’allergie) et reprendre immédiatement le contrôle en identifiant, si possible, LA CAUSE de l’inconfort et de la supprimer ou de s’en éloigner, pour autant que l’on puisse l’identifier (ce qui n’est pas toujours évident).

Heureusement, avec le temps, Alexandre a réussis à reconnaître lui-même les signes avant-coureurs et comment garder le contrôle. De lui-même il va prévenir en disant « Fatigué, je doit me reposer » et il va de lui-même se retirer le temps que ça passe.

(Pour les signes avant coureurs chez Alexandre, lisez l’article précédent: https://unamipouralexandre.wordpress.com/2015/05/11/lautisme-dalexandre-comportements-interets-et-activites-partie-2/

Sur l’importance de la prévention, voici une EXCELLENTE vidéo d’une personne, elle-même autiste, qui explique clairement les facteurs déclencheurs d’une crise et comment celle-ci se sent lors de celles-ci. Hélas, celui-ci est en anglais mais au besoin mettez les sous-titres automatiques (qui sont aussi en anglais), cela pourra vous aider à comprendre.

Lorsqu’Alexandre ne parvient pas de lui-même à se rendre compte qu’il ne va pas bien, mes grands maitres, à la maison, lui ORDONNE d’aller dans sa chambre en lui disant : « Tu es fatigué, vas te reposer dans ta chambre. Tu n’es pas en punition, tu dois te reposer ». Il faut être FERME ET CHALEUREUX, DIRECTIFS.

Ensuite, nous DEVONS lui donner du TEMPS ET DE L’ESPACE dans un endroit calme et sécuritaire.

Mais, à la maison, puisque mes grands maitres savent de mieux en mieux QUAND et COMMENT intervenir, il n’a pas fait de grandes crises DEPUIS DES ANNÉES…

En cas de crise importante, la priorité est la SÉCURITÉ. D’abord la sienne, puis celle des autres.

Il faut garder ses distances, LUI DONNER DE L’ESPACE! Il a besoin d’air, de se couper du monde! Hélas, si on le tiens et, surtout, si on le fixe du regard, sa tête près de la sienne, le risque est que son anxiété augmente d’une cran, et même qu’il donne un coup de tête. IL FAUT SORTIR DE SA BULLE!  Bien des éducatrices l’on appris, malheureusement, à leur dépend…

Il faut demeurer calme, prendre une voix ferme, assurée, ne pas crier (cela est agressant!) et ne pas le bombarder de consignes, le submerger de parole. Étant déjà en surcharge, trop parler ne fait qu’ajouter d’autres stimulations, ce qui ne fait que mettre de l’huile sur le feu!

Il FAUT ÉCONOMISER LES PAROLES! Dans ces circonstances, une aide visuelle, comme un pictogramme, sera beaucoup plus efficace.

Une fois à l’écart, dans une pièce sécuritaire, il faut ATTENDRE QUE Ç’A PASSE!

Habituellement, cela peut durer environ 20 minutes et 40 minutes dans le pire des cas.

Lorsque l’intensité de la crise commence à diminuer, l’on peut commencer à intervenir directement afin de diminuer la durée de la crise. D’abord, il faut en tout temps GARDER UN MAXIMUM DE DISTANCE POSSIBLE. Ensuite, demeurer calme en tout temps et PARLER LE MOINS POSSIBLE!

Voici une autre vidéo, d’une autre personne autiste qui explique COMMENT intervenir durant une crise (encore en anglais, mais c’est très facile à comprendre).

Un « truc » est de lui permettre de se distraire de sa crise en l’amenant à se concentrer sur autre chose, sur l’UN DE SES SUJETS D’INTÉRÊT. Par exemple, Alexandre adore chanter et la musique de Noël (ben oui, même en juillet!) Alors, lorsque la crise diminue d’intensité, qu’il se sent moins en surcharge, mes grand maitres lui mettent son disque de chansons de Noël…

On peut alors utiliser certaines techniques d’apaisement : le « grounding » et le « pressing ».

Le « grounding » sert à ce que la personne, qui ressent un sensation d’irréalité, de flottement, de perte de contact avec son corps (déréalisation et dépersonnalisation) de « revenir sur terre ». Essentiellement, il s’agit d’appliquer un poids sur la personne (par exemple, avec une veste lourde, une couverture lourde, ou, dans mon cas, en me couchant dessus). MAIS ENCORE UNE FOIS: IL FAUT RESPECTER L’ESPACE! À l’acmé (la montée jusqu’au point culminant de la crise), cela ne ferait qu’aggraver la crise!

Le « pressing » est en fait la technique employée afin de « grounder » la personne en crise.

Il s’agit souvent d’appliquer une pression autour de la tête de la personne, sur les épaules, le torse, les jambes.

Vous comprendrez que je n’ai pas de mains, donc, le « pressing » dans mon cas sera appliqué en « pétrissant » le corps de mon petit maitre, un peu comme le ferait un gros chat…

Évidemment, la sécurité étant la priorité, comme chien d’assistance, je n’interviendrai que lorsque l’intensité de la crise me permettra de le faire, après qu’une personne responsable me dise qu’il est maintenant le bon moment d’y aller.

Toutefois, et ce sera la conclusion, là ou je devrai exceller sera dans la PRÉVENTION de la crise. Dès que je verrai que mon petit maitre commence à « grimper », je devrai d’abord tenter de le retirer, attirer toute son attention sur moi (en le léchant, en pratiquant le « grounding » et le « pressing »).

Avec un bon dressage, assisté par des adultes compétents, mon but est qu’Alexandre n’AIT PLUS OU PRATIQUEMENT PLUS DE CRISES.

En reconnaissant les signes précurseurs de crise (LA PRÉVENTION EST LA CLÉ!), je pourrai demander à ce qu’on retire mon petit maître dans une pièce calme et tenter du mieux possible de le distraire, qu’il porte toute son attention sur moi.

Voici donc la fin de cette série d’articles expliquant ce qu’est l’autisme et, particulièrement, comment il se manifeste chez mon petit maitre, Alexandre.

Ainsi, vous comprenez mieux ses besoins, en plus de comprendre quelles seront mes tâches, en tant que chien d’assistance, afin de l’aider.

D’ailleurs, le prochain article résumera justement mes diverses tâches, vidéos à l’appui!

Uhura

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