S’il existait une pilule guérissant l’autisme, la donneriez-vous? (Partie 1)

Numériser - copieIci, une grande question existentielle, trop complexe pour qu’un chien comme moi donne une réponse satisfaisante…

Donc, pour une fois, je laisse le clavier à mon grand maitre, qui va écrire sans doute un très long texte afin d’y répondre…

Merci Uhura! Et bonjour à toutes et à tous!

J’espère que vous appréciez ce blogue et les articles d’Uhura jusqu’à présent.

Donc oui, le sujet de cette nouvelle série d’article est plus « lourd » et viendra conclure le premier chapitre de ce blogue.

Aussi, je tiens à faire quelques mises en garde importantes.

Premièrement, il s’agit de nos expériences personnelles, à Julie et à moi. Comme je le répète souvent : « Les meilleurs spécialistes de leur enfant sont et seront toujours les parents ». En effet, chaque dynamique familiale est différente, chacune a ses propres valeurs. Chacun réagit aux événements de sa vie à sa manière. Personne, même d’autres parents, même moi, ne peut avoir la prétention de détenir la vérité. Donc, cet article sera une « collection » d’opinions personnelles selon comment j’ai vécu les évènements suite à la naissance de fiston.

J’ai moi-même tellement reçu de conseils d’autres parents qui, malgré leurs bonnes intentions, ne pouvaient s’appliquer à nous tellement que c’était à des années lumières de ce que nous éprouvions que maintenant, je précise toujours que je ne peux pas parler de leur situation mais bien de la mienne.

Et, si en partageant nos vécus, nous pouvons tirer quelques idées ou quelques trucs pouvant s’appliquer à nous et, dans un sens, se sentir « moins seuls », eh bien tant mieux!

Deuxièmement, je ne ferai pas de règlement de compte dans cette série d’articles. Nous avons, Julie et moi, vécu énormément de frustrations et de déceptions, c’est vrai. Je vais vous en faire part, évidemment, car c’est notre réalité. Néanmoins, je ne viserai personne en particulier.

Troisièmement et finalement, le but de cet article n’est ni de nous plaindre, ni de «faire pitié».

Le but est simplement de vous partager ce qu’ont été nos vies ces dix dernières années.

Commençons par le commencement: la grossesse (ou le rêve.)

Numériser 3Déjà, Julie et moi étions ensemble depuis 8 ans lorsque nous avons décidé que « c’était le bon moment ».

En effet, nous rêvions depuis longtemps d’avoir des enfants, au moins deux. Mais nous attendions d’avoir, comme c’est souvent le cas maintenant, tous les deux une bonne situation au niveau de nos carrières respectives.

Julie et moi vivions une vie de couple fantastique. Nous étions très complice, avions énormément de plaisir ensemble, même d’être simplement ensemble. Nous avions traversé une période difficile sur le plan financier, ayant pris la décision de retourner aux études. Mais Julie m’a toujours appuyée. Jamais nous nous disputions, même après 8 ans de vie commune. Elle est tout simplement formidable.

Alors, à partir du moment où nous avons « pris les choses en main », ce fut très rapide: dès le premier mois, Julie était enceinte! Extase suprême!

Durant sa grossesse, on était « maniaques ». Étant moi-même infirmier sur l’unité de maternité à l’hôpital et étant plutôt obsessif sur les bords, disons que je ne laissais rien au hasard: dès le moment où Julie a essayée de tomber enceinte, plus d’alcool, plus de tabac, acide folique, Materna, hydratation, alimentation, etc…

Pauvre Julie: je lui ai préparé tellement de saumon (pour les acides gras) qu’aujourd’hui encore elle n’est plus capable d’en sentir sans que le cœur lui lève!

J’étais un futur papa complètement gaga… Nous lui avons préparé LA chambre pour bébé. C’est fou le nombre de jouets et de vêtement qu’on a acheté à l’avance! Tout le long de la grossesse, je mettais de la musique classique, notamment du Mozart, car certaines études avaient démontré que cela avait des impacts positifs sur le bébé. Je lui parlais très souvent. Régulièrement, je filmais Julie, afin de lui monter un vidéo qu’il regarderais plus tard afin qu’il constate à quel point nous l’aimions déjà.

J’ai même appris à jouer (très mal!) la berceuse de Brahms au violon.

Vous en parlerez à mes anciennes collègues à l’hôpital: je n’arrêtais jamais de leur casser les oreilles avec tous mes projets. REEE, études, activités familiales, inscription à des activités sportives, artistiques, éducatives…

J’avais mille et un projets avec mon fiston. Je rêvais de l’amener à la chasse à la perdrix, voir des parties de hockey, aller le voir jouer au soccer, lui apprendre à faire de la bicyclette, aller faire du camping, aller à la pêche. Je rêvais des grandes discussions « philosophique », de lui parler science, médecine, histoire, littérature, politique, psychologie.

Je rêvais de le consoler suite à sa première peine d’amour, de lui « faire la leçon » après sa première brosse, de l’aider à se relever après un échec.

Pour moi, il allait être la plus grande réalisation de ma vie. Je voulais être le papa idéal afin qu’il se développe en être complet, heureux, outillé à vivre une belle vie.

Toutefois, nous ne voulions prendre aucune chance qu’il « arrive malheur ». Julie et moi avions pris la décision de passer tous les tests afin de déceler la trisomie. Notre décision était prise et ferme: en cas d’anormalité, nous allions mettre un terme à la grossesse…

C’est fou à quel point, lorsque nous sommes réellement confrontés à une réalité, notre vision du monde et de la vie peut changer…

En effet, selon notre vision à cette époque, s’il avait existé un test prénatal détectant l’autisme, Alexandre n’aurait jamais été là…

Et, aujourd’hui, nous ne pourrions pas imaginer notre vie sans lui…

Quelle erreur cela aurait été!

Mais tant que l’on ne l’a pas vécu, il n’y a aucun moyen de le savoir…

La grossesse s’est déroulée comme un rêve. Aucune complication, aucun malaise.

Et l’accouchement a été fantastique, sans aucun problème, très facile. Facile au point qu’une fois qu’Alexandre est né, Julie est partie à rire en disant : « Quoi, c’était juste ça? Ben je suis prêt accoucher une deuxième fois toute suite! »

Le moment ou l’infirmière ma mis mon petit bonhomme tout neuf dans mes bras demeurera à jamais gravé dans ma mémoire: il me regardait droit dans les yeux, ceux-ci grands ouverts, en me tirant la langue…

Déjà, nous avions l’impression qu’il était « une vieille âme ».

Ce qu’il était beau!

Et ce jour demeure et demeurera, j’en suis sur, le plus beau de ma vie!

Dany

Numériser

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